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VOYAGE AU BURKINA FASO en Février 2013 

(4 membres de l’association y ont participé , à leurs frais).


ECOLE DES SABLES DE TABOYE   Ouagadougou

Ibrahim, le directeur de l’école des sables de Taboye, a réussi à quitter le Mali avec 23 enfants alors que le nord était envahi par les islamistes dès le mois d'octobre, pour se réfugier à Ouagadougou. Pendant deux voyages, il les a entassés dans un pick-up, et a déjoué les barrages, en prétendant se rendre à un mariage à quelques kilomètres plus loin.

Hélas, pendant leur absence, l’école de Taboye a été pillée de ses maigres meubles mais non saccagée comme beaucoup de maisons laissées par les touaregs. La maison d'Ibrahim de Gao par exemple, s'est vu intégralement démontée, portes et volets compris.

Ibrahim a pu inscrire les enfants dans une école protestante ( 11 en primaire , 8 au collège , 4 au lycée ) , et a trouvé une grande maison à louer pour les loger. Une cuisinière prépare les repas.

L'école protestante est d'un excellent niveau malgré des effectifs de 100 élèves par classe.  Les enfants se rendent à pied à l'école 4 fois par jour en une petite demie heure à l'école. Ibrahim assure l’intendance et leur encadrement . Du soutien scolaire leur est apporté pour une remise à niveau. Terya So a financé les frais d'inscription, d’alimentation (1500€ par trimestre), les uniformes,  et paye la location de la villa (750€) ainsi qu’une indemnité à Ibrahim (150€ par mois) qui est inférieur à son salaire de directeur d'école malienne mais qu'il ne perçoit plus ( du fait de la guerre) et des cours de rattrapage le soir, souvent jusqu'à 10 heures du soir ou parfois dès 6 heures du matin (1200€) et la cuisinière (184€). 

Les enfants nous ont parus en bonne santé et assez sereins mais bien sûr sont impatients de rentrer au Mali et de retrouver leur famille. Nous en avons vu de nombreux travailler seuls sur de grands tableaux noirs à des problèmes qui ne nous semblaient pas faciles à résoudre. Hélas, la sécurité des touaregs ne leurs  semble pas être actuellement suffisamment assurée pour revenir au Mali. Pour les réconforter un peu nous avons organiser un repas festif pour lequel Ibrahim a sacrifié une chèvre (pour 30 cela ne fait pas énorme, mais de toute évidence ce n'était pas leur quotidien) avec un dessert de fraises, mangues et melons qui constituaient une vraie découverte culinaire pour tous. Ibrahim avec une guitare prêtée (la sienne a été confisquée par les islamistes comme objet de débauche), nous a tous fait chanter pendant que les plus jeunes enfants dansaient. Un très beau souvenir.

En complément, deux autres associations (L’école des sables de Bordeaux) et Ennor Mali à Angers) soutiennent également les pensionnaires touaregs.


ECOLE DE NINIETA Bobo-Dioulasso

Le bureau de la directrice, en voûte nubienne est terminé. Il s'agit d'une technique de construction à partir de briques en terre sèche dont les murs épais assurent un bon confort thermique. Seul les enduits de revêtement qui assure l'étanchéité utilise un peu de ciment. Le résultat est d'une grande esthétique. Les parents d'élève et les enseignants ont assuré la main d’œuvre sous la direction d'un maçon spécialisé.  L’inauguration a eu lieu le 11 juillet 2012 . Cet exemple de construction locale fait l'objet de beaucoup d'intérêt et de visites car plus économique et "climatisé ". Face à ce succès l'école a décidé le construction d'une bibliothèque qui est bien avancée . Terya So a financé sa construction pour 3000€.

L'implication des enseignants et parents d'élève constitue un modèle pour les enfants et assure une remarquable cohésion de l'ensemble. Les résultats scolaires de l'école sont d'ailleurs tout à fait remarquables avec près de 100% d'enfants passant dans la classe supérieure et ayant réussi l'examen de fin d'études primaires alors que dans beaucoup d'écoles ce taux est plus proche de 50%.


CENTRE D’AIDE AUX FEMMES ET ENFANTS ATTEINTS DU SIDA

Ce centre est animé par des bénévoles burkinabé et réunit chaque jeudi environ 200 enfants de 5 à 15 ans orphelins et souvent infectés par le virus du sida. Les enfants y bénéficient de nombreuses activités qui vont des cours de rattrapage scolaire, cours de djembé, théâtre... Un repas (un grand plat de riz et légumes assez équilibré) communautaire est organisé qui nécessitait l'achat de bois de cuisson. Terya So a offert deux foyers à économie d’énergie qui sont  très appréciés; la consommation de bois est passé de 1200 à 400frs CFA par repas et les cuisinières peuvent se mettre à l'abri lors de la saison des pluies en rentrant les feux.


ASSOCIATION AVOH (ASSOCIATION DES VEUVES ET ORPHELINS DU HOUET)

L'AVOH fournit une activité à près d'une centaine de femmes (en saison) autour du séchage de fruits, essentiellement des mangues, tomates.... mais aussi des jus de fruit frais. L'Avoh nous avait demandé de l'aider à payer un point de vente ouvert au public qui assure une meilleure visibilité aux produits offerts. La buvette financée par Terya so a été installée sur une des grandes avenues de Bobo-Dioulasso .

Une politique de développement consiste à soutenir l’embauche d’un commercial qui prospecte les hôtels et pourrait assurer la livraison. Afin de parfaire sa formation et d'aider à une meilleure organisation Terya So a également budgété une animation avec Jérôme et sa troupe de théâtre afin de mettre en scène les situations de vente mais aussi l'organisation de l'Avoh.


ECOLE SAKABY

Le projet du champ est autonome en 2013, et l'association Terya So s'est désengagée.

 

LE CENTRE DE TOUNOUMA

Il s'agit d'un centre aéré culturel fonctionnant toute la journée du mercredi et souvent le soir. Les enfants nous y ont donné une belle pièce de théâtre ou tous les enfants chantaient et se répondaient. Il fonctionne parfaitement ( 150 enfants dont une vingtaine parrainés par Terya So ). L’engagement de Jérôme (directeur) et des animateurs est remarquable. Les animateurs sont des anciens élèves du centre et sont tous bénévoles. Térya So leur a acheté des vélos car certains viennent de très loin et avait du mal à arriver à l'heure pour encadrer les jeunes . Nombreuses activités : soutien scolaire, bibliothèque , chorale , théâtre a visée pédagogique .

La ville de Montreuil (2500€) et Terya So (2500€) soutiennent financièrement le centre et son activité théâtrale. Également 500€ pour les vélos et des lampes solaires pour le travail nocturne des enfants parrainés.

 

Afin de lutter contre la spéculation sur les prix des céréales dont le prix varie du simple au double en fonction de la saison, les parents ont souhaité créer une banque de céréales; il s'agit d'aller acheter lors des moissons et dans la région de production, un stock de céréales. Terya So a avancé la trésorerie de démarrage (1500€); nous avons pu participé à une des réunions du conseil des parents d'élèves ou nous avons ensemble débattu de la question du transport et du stockage. En effet le transport est assuré par la voiture d'Odile, ce qui ne peut constituer une solution pérenne.

Les parents des enfants parrainés, conscients de l’aide apportée, s'impliquent davantage dans la scolarité de leurs enfants et  montrent un bel exemple de coopération.

 

Terya so avait également financé une moto-tricycle pour apporter une activité génératrice de revenus . Nous pensions que cette moto aurait pu être conduite par les animateurs du centre , mais il s’avère que c’est trop dangereux (beaucoup d’accidents) et requiert la compétence d’un professionnel . Un ancien chauffeur de camion au chômage a pu bénéficier de cet emploi et Odile collecte les fonds.


CENTRE DE SOINS PALLIATIFS Banfora

Banfora est une ville de 25 000 habitants situé à mi chemin entre Bobo et la frontière ivoirienne. Le centre de soins palliatif donne de nombreux soins, avant tout préventifs mais aussi à domicile et est financé par l'état burkinabé et le Fonds Mondial. Dans ce cadre l'infirmier responsable a regroupé des femmes qui avaient de nombreux petits projets pour créer leur emploi. Il, peut s'agir par exemple d'acheter une marmite, du bois et des ingrédients pour vendre des plats sur un marché. Les prêts sont de l'ordre de 50 à 150€ et sont gérés par l'association de femmes; L'an dernier Terya So a avancé 1000€ qui ont permis de financer 10 projets.

Nous avons rencontré ces femmes qui nous ont fait part sous une paillote de leurs réussites. Terya So a rencontré 13 femmes qui ont ou souhaité bénéficier d'un micro-crédit. En constatant le haut niveau de succès et , à leur demande , il fut décidé qu’une nouvelle somme de 1500€ sera allouée, afin que d'autres puissent en bénéficier l’année prochaine. Une journée de formation, sous forme de jeux de rôle dont Jérome a le secret et financée par Terya So, leur sera apportée afin de les aider à gérer cette somme. En effet les montants alloués dépendent de nombreux critères: rentabilité, montant, situation sociale, fiabilité de l'emprunteur dont seules les femmes peuvent être décideurs. Faut-il attribuer un petit prêt à une femme ayant de nombreux enfants à charge ou un prêt plus important dont le remboursement est certain.

 

Conversion de la vente de bois.

Une femme vendeuse de bois, mère d'un enfant parrainé de Bobo, souhaitait s'équiper d'un foyer à faible combustion. Non seulement Terya So participe à son financement mais nous proposons d'utiliser cette « vitrine » pour encourager à sa diffusion. Avec l'économie réalisé sur le bois ses clients et voisins pourraient lui acheter  sous forme de micro crédit un four à économie d’énergie et se rembourser sur l'économie de bois.

 

PROJETS EN COURS D'ETUDE

- Projet kangourou : visite de l’hôpital de Bobo ,service de pédiatrie pour pallier au manque de couveuses et tables chauffantes , défectueuses et irréparables. La technique consiste à garder en permanence le bébé prématuré “peau à peau". Cette technique a été testée en Amérique latine avec de très bons résultats. Mais cette technique nécessite une formation du personnel et un suivi des mères. L'hôpital de Bobo dispose de locaux pouvant accueillir cette unité et qui nécessite un faible investissement.

- Inscriptions de tous les enfants touaregs auprès d’une mutuelle car ils sont souvent impaludés et les soins très chers .

- Délocalisation du dispensaire d’information et de dépistage du Sida, suite à une fin de bail : Engagement de participer à hauteur de 4000€ pour la construction d’un nouveau local sur le terrain donné par l’Etat mais il reste à trouver des partenaires pour un montant de 38 000€ (budget trop élévé pour notre association). Nous espérons que cet engagement encouragera d'autres acteurs à se mobiliser, mais l'argent ne sera débloqué que lorsque nous aurons des garanties.


CONCLUSION

Nous avons pu constater, tout au long de ce voyage , que l’argent octroyé était très bien employé.

L’équipe sur place fait un travail remarquable ,d’accompagnement et de suivi. Ibrahim à Ouagadougou et Odile, à Bobo-Dioulasso, sont toujours aussi engagés, malgré l’ampleur des besoins et des difficultés rencontrées. Nous sommes aussi très admiratifs par le travail, la plupart du temps bénévole que font de très nombreux burkinabés, notamment pour les enfants. Une vraie rage de s'en sortir et un don de soi remarquable qui ne peut que nous encourager.

 






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