ECOLE DES SABLES DE
TABOYE Ouagadougou
Ibrahim,
le directeur de l’école des sables de Taboye, a réussi à quitter le Mali avec
23 enfants alors que le nord était envahi par les islamistes dès le mois
d'octobre, pour se réfugier à Ouagadougou. Pendant deux voyages, il les a
entassés dans un pick-up, et a déjoué les barrages, en prétendant se rendre à
un mariage à quelques kilomètres plus loin.
Hélas,
pendant leur absence, l’école de Taboye a été pillée de ses maigres meubles
mais non saccagée comme beaucoup de maisons laissées par les touaregs. La
maison d'Ibrahim de Gao par exemple, s'est vu intégralement démontée, portes et
volets compris.
Ibrahim a
pu inscrire les enfants dans une école protestante ( 11 en primaire , 8 au
collège , 4 au lycée ) , et a trouvé une grande maison à louer pour
les loger. Une cuisinière prépare les repas.
L'école
protestante est d'un excellent niveau malgré des effectifs de 100 élèves par
classe. Les enfants se rendent à pied à l'école 4 fois par jour en une
petite demie heure à l'école. Ibrahim assure l’intendance et leur encadrement .
Du soutien scolaire leur est apporté pour une remise à niveau. Terya So a
financé les frais d'inscription, d’alimentation (1500€ par trimestre), les
uniformes, et paye la location de la villa (750€) ainsi qu’une indemnité
à Ibrahim (150€ par mois) qui est inférieur à son salaire de directeur d'école
malienne mais qu'il ne perçoit plus ( du fait de la guerre) et des cours de
rattrapage le soir, souvent jusqu'à 10 heures du soir ou parfois dès 6 heures
du matin (1200€) et la cuisinière (184€).
Les
enfants nous ont parus en bonne santé et assez sereins mais bien sûr sont
impatients de rentrer au Mali et de retrouver leur famille. Nous en avons
vu de nombreux travailler seuls sur de grands tableaux noirs à des problèmes
qui ne nous semblaient pas faciles à résoudre. Hélas, la sécurité des touaregs
ne leurs semble pas être actuellement suffisamment
assurée pour revenir au Mali. Pour les réconforter un peu nous avons organiser
un repas festif pour lequel Ibrahim a sacrifié une chèvre (pour 30 cela ne fait
pas énorme, mais de toute évidence ce n'était pas leur quotidien) avec un
dessert de fraises, mangues et melons qui constituaient une vraie
découverte culinaire pour tous. Ibrahim avec une guitare prêtée (la sienne a
été confisquée par les islamistes comme objet de débauche), nous a tous fait
chanter pendant que les plus jeunes enfants dansaient. Un très beau souvenir.
En
complément, deux autres associations (L’école des sables de Bordeaux) et Ennor
Mali à Angers) soutiennent également les pensionnaires touaregs.
ECOLE DE NINIETA
Bobo-Dioulasso
Le bureau
de la directrice, en voûte nubienne est terminé. Il s'agit d'une technique de
construction à partir de briques en terre sèche dont les murs épais
assurent un bon confort thermique. Seul les enduits de revêtement qui assure
l'étanchéité utilise un peu de ciment. Le résultat est d'une grande esthétique.
Les parents d'élève et les enseignants ont assuré la main d’œuvre sous la
direction d'un maçon spécialisé. L’inauguration a eu lieu le 11
juillet 2012 . Cet exemple de construction locale fait l'objet de beaucoup
d'intérêt et de visites car plus économique et "climatisé ".
Face à ce succès l'école a décidé le construction d'une bibliothèque qui
est bien avancée . Terya So a financé sa construction pour 3000€.
L'implication
des enseignants et parents d'élève constitue un modèle pour les enfants et
assure une remarquable cohésion de l'ensemble. Les résultats scolaires de
l'école sont d'ailleurs tout à fait remarquables avec près de 100% d'enfants
passant dans la classe supérieure et ayant réussi l'examen de fin d'études
primaires alors que dans beaucoup d'écoles ce taux est plus proche de 50%.
CENTRE D’AIDE AUX FEMMES ET
ENFANTS ATTEINTS DU SIDA
Ce centre
est animé par des bénévoles burkinabé et réunit chaque jeudi environ 200
enfants de 5 à 15 ans orphelins et souvent infectés par le virus du sida. Les
enfants y bénéficient de nombreuses activités qui vont des cours de rattrapage
scolaire, cours de djembé, théâtre... Un repas (un grand plat de riz et légumes
assez équilibré) communautaire est organisé qui nécessitait l'achat de bois de
cuisson. Terya So a offert deux foyers à économie d’énergie qui
sont très appréciés; la consommation de bois est passé de 1200 à 400frs
CFA par repas et les cuisinières peuvent se mettre à l'abri lors de la saison
des pluies en rentrant les feux.
ASSOCIATION AVOH (ASSOCIATION DES VEUVES
ET ORPHELINS DU HOUET)
L'AVOH
fournit une activité à près d'une centaine de femmes (en saison) autour du
séchage de fruits, essentiellement des mangues, tomates.... mais aussi des jus
de fruit frais. L'Avoh nous avait demandé de l'aider à payer un point de vente
ouvert au public qui assure une meilleure visibilité aux produits offerts. La
buvette financée par Terya so a été installée sur une des grandes avenues de
Bobo-Dioulasso .
Une
politique de développement consiste à soutenir l’embauche d’un commercial
qui prospecte les hôtels et pourrait assurer la livraison. Afin de parfaire sa
formation et d'aider à une meilleure organisation Terya So a également budgété
une animation avec Jérôme et sa troupe de théâtre afin de mettre en scène les
situations de vente mais aussi l'organisation de l'Avoh.
ECOLE SAKABY
Le projet du champ est autonome en 2013, et l'association Terya So s'est
désengagée.
LE CENTRE DE TOUNOUMA
Il s'agit
d'un centre aéré culturel fonctionnant toute la journée du mercredi et souvent
le soir. Les enfants nous y ont donné une belle pièce de théâtre ou tous les
enfants chantaient et se répondaient. Il fonctionne parfaitement ( 150 enfants
dont une vingtaine parrainés par Terya So ). L’engagement de Jérôme (directeur)
et des animateurs est remarquable. Les animateurs sont des anciens élèves du
centre et sont tous bénévoles. Térya So leur a acheté des vélos car
certains viennent de très loin et avait du mal à arriver à l'heure pour
encadrer les jeunes . Nombreuses activités : soutien scolaire, bibliothèque ,
chorale , théâtre a visée pédagogique .
La ville
de Montreuil (2500€) et Terya So (2500€) soutiennent financièrement le centre
et son activité théâtrale. Également 500€ pour les vélos et des lampes solaires
pour le travail nocturne des enfants parrainés.
Afin de
lutter contre la spéculation sur les prix des céréales dont le prix varie du
simple au double en fonction de la saison, les parents ont souhaité créer une
banque de céréales; il s'agit d'aller acheter lors des moissons et dans la
région de production, un stock de céréales. Terya So a avancé la trésorerie de
démarrage (1500€); nous avons pu participé à une des réunions du conseil des
parents d'élèves ou nous avons ensemble débattu de la question du transport et
du stockage. En effet le transport est assuré par la voiture d'Odile, ce qui ne
peut constituer une solution pérenne.
Les
parents des enfants parrainés, conscients de l’aide apportée, s'impliquent
davantage dans la scolarité de leurs enfants et montrent un bel
exemple de coopération.
Terya so
avait également financé une moto-tricycle pour apporter une activité
génératrice de revenus . Nous pensions que cette moto aurait pu être conduite
par les animateurs du centre , mais il s’avère que c’est trop dangereux
(beaucoup d’accidents) et requiert la compétence d’un professionnel . Un ancien
chauffeur de camion au chômage a pu bénéficier de cet emploi et Odile collecte
les fonds.
CENTRE DE SOINS PALLIATIFS
Banfora
Banfora
est une ville de 25 000 habitants situé à mi chemin entre Bobo et la frontière
ivoirienne. Le centre de soins palliatif donne de nombreux soins, avant tout
préventifs mais aussi à domicile et est financé par l'état burkinabé et le
Fonds Mondial. Dans ce cadre l'infirmier responsable a regroupé des femmes qui
avaient de nombreux petits projets pour créer leur emploi. Il, peut s'agir par
exemple d'acheter une marmite, du bois et des ingrédients pour vendre des plats
sur un marché. Les prêts sont de l'ordre de 50 à 150€ et sont gérés par
l'association de femmes; L'an dernier Terya So a avancé 1000€ qui ont permis de
financer 10 projets.
Nous avons
rencontré ces femmes qui nous ont fait part sous une paillote de leurs
réussites. Terya So a rencontré 13 femmes qui ont ou souhaité bénéficier d'un
micro-crédit. En constatant le haut niveau de succès et , à leur demande ,
il fut décidé qu’une nouvelle somme de 1500€ sera allouée, afin que d'autres
puissent en bénéficier l’année prochaine. Une journée de formation, sous
forme de jeux de rôle dont Jérome a le secret et financée par Terya So, leur
sera apportée afin de les aider à gérer cette somme. En effet les montants
alloués dépendent de nombreux critères: rentabilité, montant, situation
sociale, fiabilité de l'emprunteur dont seules les femmes peuvent être
décideurs. Faut-il attribuer un petit prêt à une femme ayant de nombreux
enfants à charge ou un prêt plus important dont le remboursement est
certain.
Conversion
de la vente de bois.
Une femme
vendeuse de bois, mère d'un enfant parrainé de Bobo, souhaitait s'équiper
d'un foyer à faible combustion. Non seulement Terya So participe
à son financement mais nous proposons d'utiliser cette « vitrine »
pour encourager à sa diffusion. Avec l'économie réalisé sur le bois ses
clients et voisins pourraient lui acheter sous forme de micro crédit un
four à économie d’énergie et se rembourser sur l'économie de bois.
PROJETS EN COURS D'ETUDE
- Projet
kangourou : visite de l’hôpital de Bobo ,service de pédiatrie pour pallier au
manque de couveuses et tables chauffantes , défectueuses et irréparables. La
technique consiste à garder en permanence le bébé prématuré “peau à peau".
Cette technique a été testée en Amérique latine avec de très bons résultats.
Mais cette technique nécessite une formation du personnel et un suivi des
mères. L'hôpital de Bobo dispose de locaux pouvant accueillir cette unité et
qui nécessite un faible investissement.
-
Inscriptions de tous les enfants touaregs auprès d’une mutuelle car ils
sont souvent impaludés et les soins très chers .
- Délocalisation
du dispensaire d’information et de dépistage du Sida, suite à une fin de bail :
Engagement de participer à hauteur de 4000€ pour la construction d’un nouveau
local sur le terrain donné par l’Etat mais il reste à trouver des partenaires
pour un montant de 38 000€ (budget trop élévé pour notre association). Nous
espérons que cet engagement encouragera d'autres acteurs à se mobiliser, mais
l'argent ne sera débloqué que lorsque nous aurons des garanties.
CONCLUSION
Nous avons
pu constater, tout au long de ce voyage , que l’argent octroyé était très bien
employé.
L’équipe
sur place fait un travail remarquable ,d’accompagnement et de suivi. Ibrahim à
Ouagadougou et Odile, à Bobo-Dioulasso, sont toujours aussi engagés, malgré
l’ampleur des besoins et des difficultés rencontrées. Nous sommes aussi très
admiratifs par le travail, la plupart du temps bénévole que font de très
nombreux burkinabés, notamment pour les enfants. Une vraie rage de s'en sortir
et un don de soi remarquable qui ne peut que nous encourager.